La plupart des entrepreneurs qui nous contactent pensent que le plus dur pour s'installer à Dubaï, c'est la société et le visa. En réalité, quand on possède des parts de sa boîte ou un portefeuille de titres conséquent, le vrai sujet est resté en France : l'exit tax. C'est l'impôt que le fisc français peut réclamer sur vos plus-values latentes au moment où vous transférez votre domicile fiscal hors de France. Un dirigeant qui détient 60 % d'une SAS valorisée 3 millions d'euros peut se retrouver avec une note de plusieurs centaines de milliers d'euros théoriquement due le jour de son départ.
Bonne nouvelle : dans l'immense majorité des cas, bien préparé, on ne paie rien. Mauvaise nouvelle : un départ vers Dubaï n'est pas un départ comme un autre aux yeux de l'administration, et les guides génériques sur l'exit tax oublient systématiquement ce point. Voici comment ça marche concrètement en 2026, ce qui est imposé, ce qui ne l'est pas, et les erreurs qui transforment une formalité en cauchemar.
Les informations de cet article sont générales et ne constituent pas un conseil fiscal ou juridique personnalisé. L'exit tax est un sujet technique où chaque situation patrimoniale est différente : faites valider votre cas par un fiscaliste avant tout départ.
L'exit tax, c'est quoi exactement, et qui est concerné en partant à Dubaï
L'exit tax (article 167 bis du Code général des impôts) impose les plus-values latentes sur vos valeurs mobilières et droits sociaux au moment où vous quittez la résidence fiscale française. "Latente" veut dire que vous n'avez encore rien vendu : le fisc fait comme si vous cédiez tous vos titres la veille de votre départ, calcule la plus-value théorique, et l'impose.
Vous êtes concerné si vous remplissez deux conditions cumulatives. D'abord, avoir été résident fiscal français pendant au moins six ans au cours des dix dernières années. Ensuite, détenir au moment du départ soit des titres d'une valeur globale d'au moins 800 000 €, soit une participation d'au moins 50 % dans les bénéfices d'une société. Un seul des deux seuils suffit à déclencher le dispositif.
Concrètement, le profil type touché par l'exit tax, c'est exactement celui qu'on accompagne chez ovio : le fondateur qui détient la majorité de sa société, le consultant ou l'e-commerçant qui a accumulé un portefeuille d'actions, le dirigeant qui prépare une cession. Si vous êtes salarié sans participation significative et avec un petit PEA, vous n'êtes probablement pas concerné. Si vous avez bâti un patrimoine professionnel, vous l'êtes presque certainement.
Sont visés : les comptes-titres ordinaires, les actions cotées et non cotées, les parts de SARL et de SAS, les SCI soumises à l'impôt sur les sociétés, les stock-options et BSPCE déjà exercés, les actions gratuites acquises. S'ajoutent les créances de complément de prix (les clauses d'earn-out d'une vente passée) et les plus-values déjà placées en report d'imposition, qui deviennent exigibles au départ.
Ce que l'exit tax ne taxe pas (le mythe à corriger d'abord)
Avant de paniquer, regardez ce qui sort du champ. Beaucoup de futurs expatriés croient que l'exit tax frappe tout leur patrimoine. C'est faux, et c'est important pour calculer votre exposition réelle.
L'exit tax ne concerne pas votre assurance-vie ni vos contrats de capitalisation. Elle ne touche pas non plus votre PEA, qui suit son propre régime. Elle ignore votre immobilier détenu en direct, vos parts de SCPI et d'OPCI, et les parts de SCI à l'impôt sur le revenu. Les crypto-actifs ne relèvent pas non plus de l'article 167 bis : ils ont leur propre régime (article 150 VH bis), ce qui ne veut pas dire qu'ils échappent à toute fiscalité, mais qu'ils ne déclenchent pas l'exit tax. Les sommes bloquées sur un PEE ou un FCPE en sont également exclues.
Cette distinction change tout pour un entrepreneur. Si l'essentiel de votre patrimoine est immobilier ou logé dans une assurance-vie, votre exit tax peut être nulle même avec un patrimoine global élevé. À l'inverse, si votre richesse est concentrée dans les parts de votre société, vous êtes en plein dedans. Faire le tri entre ce qui est dans le champ et ce qui ne l'est pas est la première étape de tout départ bien préparé. Pour le volet immobilier français, c'est plutôt l'IFI qu'il faut surveiller, un sujet qu'on aborde dans notre article sur l'investissement immobilier à Dubaï.
Combien vous paieriez vraiment : taux et calcul 2026
Le taux qui s'applique à la plus-value latente est celui du prélèvement forfaitaire unique : 12,8 % au titre de l'impôt sur le revenu, auxquels s'ajoutent les prélèvements sociaux. Pour 2026, les prélèvements sociaux sur les plus-values mobilières ont été relevés, ce qui porte le taux global autour de 31,4 % à date de publication. Les contribuables à très hauts revenus peuvent en plus être touchés par la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, qui ajoute 3 à 4 points au-delà de 250 000 € de revenu fiscal de référence pour une personne seule.
Voici un ordre de grandeur pour fixer les idées.
| Plus-value latente | Taux indicatif 2026 | Exit tax théorique |
|---|---|---|
| 500 000 € | ~31,4 % | ~157 000 € |
| 1 000 000 € | ~31,4 % | ~314 000 € |
| 3 000 000 € | ~31,4 % + CEHR | ~1 000 000 € et plus |
Ces montants font peur, et c'est normal. Mais ce sont des montants théoriques, calculés comme si vous payiez immédiatement. Dans la pratique, presque personne ne décaisse cette somme au moment du départ, grâce au mécanisme du sursis de paiement. C'est précisément là que Dubaï complique les choses, et que la préparation fait toute la différence.
La plus-value latente se calcule par différence entre la valeur des titres au jour du départ et leur prix d'acquisition. Pour une société non cotée, la valorisation est un exercice délicat : elle doit refléter la valeur réelle de l'entreprise, et une valorisation trop basse pour minorer l'exit tax expose à un redressement. C'est un point où l'accompagnement d'un professionnel n'est pas optionnel.
Le vrai piège de Dubaï : il n'y a pas de sursis automatique
Voici le point que tous les guides génériques oublient, et qui peut coûter très cher si vous l'ignorez.
Quand vous partez vers un pays de l'Union européenne, de l'Espace économique européen ou vers la Suisse, le sursis de paiement est automatique. Vous ne payez rien au départ, sans démarche particulière, sans garantie à constituer. L'impôt est mis en suspens et s'efface avec le temps si vous ne vendez pas.
Dubaï et les Émirats arabes unis ne sont ni dans l'Union européenne, ni dans l'EEE, ni assimilés à la Suisse. Conséquence directe : le sursis n'est pas automatique. Pour en bénéficier, vous devez en faire la demande expresse, en principe au moins 90 jours avant votre départ, et constituer des garanties auprès de l'administration fiscale (caution bancaire, nantissement de titres) à hauteur de l'impôt mis en sursis. Vous devez aussi désigner un représentant fiscal en France, c'est-à-dire un professionnel accrédité qui répond de vos obligations vis-à-vis du fisc.
Un entrepreneur qui découvre l'exit tax trois semaines avant de poser ses valises à Dubaï se retrouve dans une situation très inconfortable. Soit il n'a pas le temps de monter le dossier de garanties et risque de devoir payer l'impôt comptant, soit il bricole un départ dans l'urgence qui fragilise l'ensemble. Le délai de 90 jours n'est pas une formalité administrative anecdotique : c'est le coeur du calendrier d'un départ vers les Émirats.
C'est aussi pour cette raison qu'on insiste autant, dans notre accompagnement, sur le séquencement. La création de la société freezone, l'obtention du visa et l'ouverture des comptes se gèrent en quinze jours, mais la partie exit tax doit être lancée bien en amont, avant même le transfert de domicile. On en reparle plus bas.
Le dégrèvement : pourquoi le moment où vous vendez change tout
L'exit tax mise en sursis n'est pas une dette éternelle. Si vous conservez vos titres pendant un certain délai après votre départ sans les céder, l'impôt sur le revenu correspondant est dégrevé, c'est-à-dire effacé définitivement.
Pour les départs depuis 2019, ce délai est de deux ans si la valeur globale de vos titres est inférieure à 2 570 000 €, et de cinq ans si elle est supérieure ou égale à ce montant. Autrement dit, un entrepreneur avec un patrimoine de titres de 1,5 million d'euros qui s'installe à Dubaï et ne vend rien pendant deux ans voit son exit tax disparaître. Celui qui détient 4 millions d'euros de titres doit patienter cinq ans.
La conséquence stratégique est énorme, surtout en partant à Dubaï. Si vous vendez vos titres pendant le délai de sursis, l'exit tax devient exigible. Normalement, un crédit d'impôt vient déduire l'impôt déjà payé dans votre pays de résidence sur la même plus-value. Sauf qu'aux Émirats, il n'y a pas d'impôt sur les plus-values des personnes physiques : pas d'impôt local, donc pas de crédit d'impôt à imputer. Vous risquez alors de payer en France l'intégralité de l'exit tax que vous pensiez avoir évitée.
La règle de bon sens qui en découle : si vous prévoyez de céder votre société peu après votre départ, le sujet exit tax doit être travaillé très en amont, parce que partir à Dubaï puis vendre dans la foulée est souvent le pire scénario. À l'inverse, si vous pouvez attendre la fin du délai de dégrèvement avant de vendre, vous sécurisez une cession dans un environnement à 0 % d'impôt sur le revenu, ce qui est précisément l'intérêt d'une vraie installation aux Émirats. Le détail de cette fiscalité émiratie est expliqué dans notre guide de la fiscalité à Dubaï.
Exit tax et convention fiscale France-Émirats : ce qu'il faut comprendre
La France et les Émirats arabes unis sont liés par une convention fiscale signée en 1989. Cette convention règle la répartition du droit d'imposer entre les deux pays et évite, en principe, les doubles impositions. Mais elle ne transforme pas les Émirats en destination "UE" pour l'exit tax : le sursis automatique reste réservé à l'Union européenne, à l'EEE et à la Suisse, quelle que soit la convention.
Ce qui compte avec la convention, c'est surtout le traitement de la plus-value le jour où vous vendrez réellement vos titres en tant que résident de Dubaï. Selon la nature des titres et la rédaction de la convention, la France peut conserver un droit d'imposer dans certains cas, notamment pour les participations substantielles cédées peu après le départ. C'est un terrain où les généralités sont dangereuses : le sort fiscal d'une cession dépend du type de société, de la date de départ, du délai écoulé et de la rédaction exacte des clauses. Un fiscaliste rompu aux dossiers France-Émirats est indispensable ici, et c'est typiquement le genre de mise en relation qu'on organise dans notre accompagnement.
Retenez le principe : l'exit tax et la convention sont deux mécanismes distincts qui se combinent. L'exit tax gère la plus-value latente au départ ; la convention gère l'imposition de la cession réelle ensuite. Bien orchestrés, les deux peuvent aboutir à une cession nette d'impôt. Mal orchestrés, ils peuvent aboutir à une double note.
Les obligations déclaratives à ne pas rater
L'exit tax est aussi une affaire de paperasse, et le défaut de déclaration coûte cher. L'année qui suit votre départ, vous devez déposer une déclaration spécifique, le formulaire 2074-ETD, en même temps que votre déclaration de revenus. C'est elle qui acte la plus-value latente et la demande de sursis.
Ensuite, tant que le sursis court et que vous résidez hors de l'Union européenne, vous devez transmettre chaque année un suivi de votre situation (formulaire 2074-ETS1 pour le suivi annuel hors UE), qui confirme que vous détenez toujours vos titres. C'est ce suivi qui maintient le sursis vivant et déclenche, le moment venu, le dégrèvement. Oublier une déclaration annuelle peut entraîner l'exigibilité immédiate de l'impôt.
Les sanctions ne sont pas symboliques : le défaut de déclaration de l'exit tax est passible d'une amende, et les sommes éventuellement dues portent intérêt. Pour un dispositif qui peut représenter plusieurs centaines de milliers d'euros, l'enjeu d'un suivi rigoureux est évident. C'est un point que beaucoup sous-estiment : l'exit tax ne se règle pas le jour du départ, elle se suit pendant deux à cinq ans. Garder un interlocuteur fiscal en France pendant cette période n'est pas un luxe.
PLF 2026 et 2027 : pourquoi le calendrier de votre départ compte
L'exit tax est un dispositif politiquement instable, et c'est un paramètre à intégrer dans votre décision. Créée en 2011 sous une forme très lourde (délai de conservation de quinze ans), elle a été fortement assouplie en 2019 : c'est de là que viennent les délais de dégrèvement de deux et cinq ans en vigueur aujourd'hui.
Lors des débats sur la loi de finances pour 2026, un amendement proposait de revenir à la version dure, avec un retour au délai de quinze ans. Cet amendement a été écarté, et la loi de finances pour 2026, promulguée en février 2026, a maintenu le régime des deux et cinq ans pour les départs de 2026. Concrètement, partir cette année se fait dans le cadre favorable actuel.
Mais le sujet revient à chaque budget. Le risque d'un nouveau durcissement reste ouvert pour les exercices suivants, et il faudra surveiller les discussions de l'automne 2026 autour du budget 2027. La leçon pratique : si votre départ vers Dubaï est décidé et que votre situation s'y prête, retarder de plusieurs années sans raison expose à un changement de règles. Le bon moment pour traiter l'exit tax, c'est quand le cadre est connu et favorable, pas quand on espère qu'il le restera. Cette logique d'anticipation rejoint ce qu'on explique sur la résidence fiscale réelle dans notre guide fiscalité.
Exit tax et création de société à Dubaï : l'ordre des opérations
C'est ici que l'exit tax rejoint le coeur de notre métier, et qu'on peut être direct sur le ton anti-arnaque.
L'exit tax est la meilleure preuve que les montages de papier ne fonctionnent pas. L'idée de "créer une société à Dubaï tout en restant en France" pour ne pas payer d'impôt est une fausse bonne idée sur toute la ligne : tant que vous êtes résident fiscal français, vous êtes imposé en France sur vos revenus mondiaux, et vous ne déclenchez même pas l'exit tax puisque vous n'êtes pas parti. Vous cumulez le pire : aucun bénéfice fiscal réel et un risque de requalification. La seule voie qui tient juridiquement, c'est une expatriation réelle, avec un transfert effectif de votre vie aux Émirats.
Et cette expatriation réelle, justement, déclenche l'exit tax si vous dépassez les seuils. D'où l'importance de l'ordre des opérations. Le bon séquencement ressemble à ceci : on cadre d'abord votre situation patrimoniale et l'exit tax avec un fiscaliste, plusieurs mois avant le départ, pour préparer la demande de sursis et les garanties. En parallèle, on met en place la structure aux Émirats : société freezone, visa de résidence, Emirates ID, comptes bancaires. La partie émiratie se boucle en quinze jours, mais elle s'inscrit dans un calendrier plus large piloté par les contraintes fiscales françaises.
Quelques repères pour comprendre comment les briques s'emboîtent :
- La création de société freezone et le choix de la bonne freezone donnent le support juridique de votre activité et le visa investisseur.
- Le visa de résidence et l'ouverture des comptes bancaires matérialisent votre installation effective, qui conditionne la rupture de résidence fiscale française.
- Pour un patrimoine important, le golden visa sécurise un titre de séjour de longue durée, utile quand on doit tenir un délai de dégrèvement de cinq ans sur place.
- La réalité quotidienne de l'installation, du coût de la vie à ce que signifie concrètement vivre à Dubaï, fait partie intégrante de la preuve que votre départ est réel et pas fictif.
Le fil rouge : l'exit tax n'est pas un obstacle à votre projet, c'est une étape à anticiper. Bien préparée, elle se solde le plus souvent par un dégrèvement total au bout de deux ou cinq ans. Mal préparée, elle peut coûter le prix d'un appartement. La différence tient au calendrier et à la qualité de l'accompagnement, pas à la chance. C'est aussi le sujet qu'on voit revenir chez beaucoup de créateurs de contenu, comme on le détaille dans notre article sur les influenceurs installés à Dubaï.
FAQ
Quel est le montant de l'exit tax en France ?
L'exit tax n'est pas un montant fixe : c'est un taux appliqué à vos plus-values latentes. En 2026, ce taux tourne autour de 31,4 % (12,8 % d'impôt sur le revenu plus les prélèvements sociaux), avec un supplément possible pour les très hauts revenus via la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus. Sur une plus-value latente d'un million d'euros, l'exit tax théorique avoisine donc 314 000 €. Mais ce montant est mis en sursis et s'efface si vous conservez vos titres pendant le délai de dégrèvement.
Qu'est-ce qui change pour l'exit tax en 2026 ?
Pour les départs de 2026, le régime reste celui des délais de dégrèvement de deux et cinq ans, hérité de la réforme de 2019. Un amendement qui proposait de revenir au délai de quinze ans a été écarté, et la loi de finances pour 2026 a maintenu le cadre favorable. Le seul vrai changement à surveiller est la hausse des prélèvements sociaux qui pousse le taux global autour de 31,4 %. Le risque d'un durcissement futur existe pour les budgets suivants, ce qui plaide pour ne pas reporter indéfiniment un départ déjà décidé.
Comment quitter la France fiscalement pour Dubaï sans payer l'exit tax ?
On ne "l'évite" pas, on l'organise. Le chemin propre consiste à transférer réellement votre domicile fiscal aux Émirats, demander le sursis de paiement au moins 90 jours avant le départ, constituer les garanties exigées pour un pays hors UE, déposer la déclaration 2074-ETD, puis conserver vos titres pendant le délai de dégrèvement (deux ou cinq ans selon la valeur). Si vous ne vendez pas pendant ce délai, l'impôt est dégrevé. La seule chose à ne jamais faire, c'est un faux départ : rester de fait en France tout en se déclarant à Dubaï ne fait disparaître ni l'impôt français, ni le risque.
L'exit tax s'applique-t-elle à mes cryptos et à mon assurance-vie ?
Non. Les crypto-actifs relèvent d'un régime propre (article 150 VH bis) et ne déclenchent pas l'exit tax au titre de l'article 167 bis. L'assurance-vie, les contrats de capitalisation, le PEA et l'immobilier détenu en direct sont également hors du champ de l'exit tax. Celle-ci vise essentiellement les comptes-titres, les actions cotées et non cotées, et les parts de sociétés. Cela ne signifie pas que ces autres actifs échappent à toute fiscalité au moment de leur cession, mais qu'ils ne sont pas concernés par l'impôt de sortie.
Faut-il un représentant fiscal pour partir à Dubaï ?
Oui, pour bénéficier du sursis de paiement vers un pays hors Union européenne comme les Émirats, vous devez désigner un représentant fiscal en France, un professionnel accrédité qui répond de vos obligations déclaratives. C'est l'une des différences majeures avec un départ vers un pays de l'UE, où le sursis est automatique et sans représentant. Cette désignation fait partie du dossier à monter en amont, avec les garanties (caution ou nantissement) demandées par l'administration.
Que se passe-t-il si je vends ma société depuis Dubaï avant la fin du délai ?
Si vous cédez vos titres pendant le délai de sursis, l'exit tax devient exigible sur la plus-value correspondante. En théorie, un crédit d'impôt déduit l'impôt payé localement, mais comme les Émirats n'imposent pas les plus-values des particuliers, il n'y a aucun crédit à imputer : vous risquez de payer l'intégralité de l'impôt français. C'est pourquoi vendre juste après son départ est souvent le pire scénario. Attendre la fin du délai de dégrèvement permet au contraire de céder dans un cadre à 0 % d'impôt sur le revenu, à condition d'avoir une expatriation réelle et bien documentée.






